www.club-bugatti-france.net


Fermer cette page
en cliquant sur X en haut à droite de votre navigateur


Bugatti Type 35 - Grand Prix

La Type 35 est la Bugatti la plus admirée et la plus mythique de toute la production d’Ettore. Elle fait ses débuts au Grand Prix de France à Lyon le 3 août 1924, avec 6 voitures (5 seulement sont engagées dans cette course) arrivées par la route avec une intendance très lourde (voir la page Grand Prix de Lyon 1924). Malgré leurs piètres résultats dus aux pneumatiques Dunlop mal vulcanisés qui ne résistent pas, les Types 35 font sensation avec leurs jantes en alliage léger incluant le tambour de frein, et aussi par la très grande finesse du dessin de leur carrosserie biplace (le règlement des Grand Prix de l’époque prévoyait la présence obligatoire à bord d’un mécanicien).

C’est le début d’une brillante carrière et d’un réel succès commercial, car Ettore, fidèle à ses principes, vends à ses clients sportifs (et fortunés ...) cette véritable Formule 1 des années 20. Les Types 35 vont remporter plus de 1 000 victoires en course, dont le titre de Champion du Monde en 1926 et la fameuse Targa Florio en Sicile cinq années consécutives, de 1925 à 1929. Même après l’arrêt de leur production en 1930, elles font le bonheur de nombreux pilotes amateurs ou débutants (comme Gordini, Trintignant, Sommer ...)  et élargissent encore leur palmarès, le plus souvent dans des épreuves mineures.

Si le châssis et la carrosserie de la Type 35 sont totalement nouveaux, le moteur est lui étroitement dérivé du Type 30, avec cependant une nouveauté majeure : le vilebrequin démontable sur 5 paliers et les bielles monobloc, le tout étant monté sur roulements à billes et rouleaux. Ce nouvel ensemble permet de dépasser 6000 t/mn, ce qui est considérable pour l’époque. Aujourd’hui, un certain nombre de Type 35 ont été converties en paliers lisses pour faciliter l’entretien, car ces roulements doivent être changés fréquemment et nécessitent un démontage complet du moteur ! Autre innovation technique : l’essieu avant creux pour diminuer les masses non suspendues, avec les ressorts de suspension traversants. Cet essieu creux est une véritable prouesse technologique qui en dit long sur la maîtrise des fondeurs de Molsheim.

La Type 35 évolue au fil des années en plusieurs modèles :

- Type 35 : la première, celle qui fut présentée à Lyon en 1924, avec son moteur 2 litres sans compresseur, vilebrequin démontable à 5 paliers sur roulements à billes et bielles sur paliers à rouleaux, allumage par magnéto Bosch.

- Type 35A : apparue en mai 1925 sous l’appellation d’usine “Course imitation 35A”, et surnommée “Tecla” par le public (du nom d’une célèbre marque de bijoux d’imitation), c’était la Type 35 bon marché pour les amateurs. Vilebrequin sur 3 paliers à roulements à billes et bielles sur paliers lisses, petites soupapes, allumage par distributeur, le moteur était très proche du Type 30 et bénéficiait d’une fiabilité et d’une simplicité d’entretien nettement supérieures. Elle était livrée avec un essieu avant plein et des roues à rayons, les roues alliage de la T35 étant en option.

- Type 35C : c’est une Type 35 avec l’adjonction d’un compresseur de type Roots dessiné par l’ingénieur Moglia qu’Ettore avait engagé, dérogeant ainsi à son habitude de tout concevoir lui-même. Ce compresseur augmente la puissance et surtout l’onctuosité du moteur, plus souple et plus utilisable. Pour beaucoup, c’est la meilleure des Type 35.

- Type 35T : au printemps 1926, Ettore Bugatti aligne au départ de la Targa Florio des Type 35 dont la cylindrée est portée à 2.3 litres par augmentation de la course qui passe de 88 à 100 mm. Ce modèle prend le nom de Type 35T, T pour Targa. Peu d’exemplaires seront construits du fait de la limitation de cylindrée à 2 litres dans les épreuves de Grand Prix.

- Type 35B : apparue début 1927, c’est une Type 35T avec l’adjonction du même compresseur que celui de la Type 35C. Dénommée officiellement Type 35TC, elle gardera finalement l’appellation que lui avait donné le bureau d’études de Molsheim : Type 35B. Un peu plus puissante qu’une Type 35C, mais sa course plus longue handicape un peu les montées en régime. Elle reste cependant la plus désirable aux yeux de nombreux Bugattistes !

Au total, environ 343 Bugatti Type 35 seront construites. Environ parce que, fidèle à ses habitudes, Ettore Bugatti livrait à ses clients des voitures de course d’usine après quelques mois ou années d’utilisation, parfois avec un nouveau numéro de châssis si elles avaient été accidentées auparavant. Pour le collectionneur amateur d’authenticité, la Type 35 est un vrai cauchemar car la plupart de ces voitures de course ont été accidentées ou bricolées par des générations de pilotes et de mécaniciens, prenant des pièces sur l’une pour réparer l’autre et modifiant les caractéristiques d’origine pour augmenter les performances. Les Type 37 dont le châssis et la carrosserie sont identiques ont également été utilisées à l’époque pour réparer ou remonter des Types 35. Mission quasi impossible, donc, que de trouver aujourd’hui une Type 35 qui soit 100% d’origine, et même celles qui ne sont aujourd’hui qu’à 50 ou 70 % d’origine sont hors de prix ...
Pour les mêmes raisons, il est difficile de donner le nombre d’exemplaires originaux qui ont survécu à aujourd’hui.

 

Caractéristiques Techniques

T 35

T 35A

T 35C

T 35B

T 35T

année(s) de production

1924 - 1930

numéros de châssis

de 4323 à 4965 (incluant quelques ultimes Type 30)

exemplaire(s) construit(s)

env. 96

env. 139

env. 50

env. 45

env. 13

exemplaire(s) existant(s)

voir texte ci-dessus

 

 

 

 

 

 

nombre de cylindres

8 cylindres en ligne en 2 blocs borgnes de 4,  en fonte

cylindrée (cm3)

1991 cm3

2262 cm3

alésage x course (mm)

60 mm X 88 mm

60 mm X 100 mm

puissance (CV) *

env. 90 CH

env. 70 CH

env. 135 CH

env. 140 CH

env. 100 CH

soupapes / cylindre

3 soupapes par cylindres (2 admission, 1 échappement)

arbre(s) à cames

1 en tête, entrainé par arbre vertical

alimentation

2 carbus Solex

1 carbu Zénith

2 carbus Solex

compresseur

non

oui (de type Roots)

non

allumage

magnéto

bobine+distrib.

magnéto

bougies / cylindre

1 bougie par cylindre

embrayage

multidisques à bain d’huile + pétrole

boite de vitesses

séparée du moteur, 4 vitesses AV + 1 AR, en H inversé

transmission

par arbre, roues arrières motrices

rapport de pont AR

rapports standards : 15 X 54 (3.6) - 14 X 54 (3.86) - 13 X 54 (4.15)

freins

à tambour, diamètre 270 mm puis 330 mm, sur les 4 roues, cde par câble

roues

alliage

à rayons

alliage

empattement (m)

2.40 m

voie (m)

1.20 m

poids à vide

entre 700 et 750 kg selon les versions et l’équipement (carrosserie Grand Prix)

vitesse maxi **

165 km/h

150 km/h

190 km/h

+ 190 km/h

170 km/h

     * Puissance donnée à titre indicatif avec carburant normal (une T35C au méthanol peut donner 200 CV !)

   ** Vitesse maxi donnée à titre indicatif, variable en fonction du rapport de pont et de l’équipement de la voiture

Un rare et très beau document : le prototype de la Type 35 dans la cour de l’usine de Molsheim, celui qui était piloté par Ettore Bugatti lors de la présentation des voitures au Grand Prix de Lyon 1924 (voiture de réserve qui n’a pas couru). Reconnaissable par son radiateur plus étroit que les modèles de série et par sa courroie de capot en cuir éloignée du radiateur. Le personnage à droite est inconnu ? Photo signée Carabin, le photographe de confiance de Molsheim. Cette voiture, châssis 4323, existe toujours et coule des jours heureux dans une collection privée aux USA.

Une des toutes premières T35 2 litres sans compresseur de série

Au Grand Prix de l’ACF à Lyon en 1924, l’armada des T35 Bugatti fit sensation. Les roues en alliage léger étaient une totale nouveauté, et furent très critiquées par la presse après cette course alors que les problèmes rencontrés provenaient uniquement des pneumatiques Dunlop mal vulcanisés

L’état des pneumatiques Dunlop pendant le Grand Prix de Lyon 1924 !

Le moteur T35 2 litres sans compresseur avec ses 2 carburateurs Solex

Le vilebrequin démontable (les bielles sont monobloc), caractéristique d’un T35 avec ses cinq paliers sur roulements à double rangée de billes

Le grand pilote Louis Chiron sur T35B en 1927, participant à une course côte du côté d’Aix en Provence

Très peu de T35 reçurent une carrosserie fermée, comme celle-ci pilotée par Friderich en 1926

Date et lieu inconnus pour cette rare photo d’époque : en tête, une T35A suivie d’une T35C et d’une T37A (ou peut-être d’une autre T35C ?) équipée en roues à rayons

Voiture de course par excellence, beaucoup de T35 se retrouvèrent dans cet état au cours de leur carrière ... Certaines ont servi de réservoir de pièces, d’autres ont été reconstruites par l’Usine comme cette T35C (#4866) : son pilote Pietro Bordino se tue après avoir percuté un chien et terminé sa course dans la rivière qui borde le circuit du V° Circuito di Alessandria le 22 avril 1928.

Ettore Bugatti s’est beaucoup servi des victoires de la T35 dans ses publicités, même s’il mélangeait les Grand Prix et les courses de moindre importance. Dans celle-ci, il revendique 412 victoires en 273 jours, entre janvier et septembre 1925 !

Et dans celle-ci, 501 victoires pour à peu près la même période, mais en 1926 !

La Type 35 est aussi très utilisée par les fabricants d’accessoires sous contrat avec La Marque, comme dans cette publicité pour les bougies Nerka. La liste des plus importantes victoires Bugatti de 1928 y est détaillée. Une excellente publicité gratuite pour Ettore !

Le grand illustrateur Geo Ham (de son vrai nom Georges Hamel) aimait beaucoup les Bugatti. Cette aquarelle a servi pour la couverture du magazine “L’Illustration” à la fin des années 20.

Aujourd’hui encore, la Type 35 inspire des artistes comme Xavier Lavictoire, jeune peintre Français bourré de talent et passionné par Bugatti ! La grande pilote Hélène Delangle, connue sous le pseudonyme de Hellé Nice (“elle est belle” !), sur Bugatti T35C au Grand Prix de La Baule le 13 septembre 1931, qu’elle termina en 8° position.

Ces très vagues et franchement très laides évocations de T35 ont été fabriquées sur base VW Coccinelle par Ruska à Amsterdam (Hollande) dans les années 70, par Teal Cars en Angleterre et par plusieurs sociétés Américaines (Excalibur, Baumgartner, Bay Product Corp., etc), la palme revenant quand même à Antique & Classics Inc. qui n’hésitait pas à reprendre le logo BUGATTI en écrivant BUGGATI !

 

 


Merci à Bart Rosman pour son aide et ses précieux conseils   -